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poissons végétariens

Mené de 2009 à 2012, sous la coordination d’AQUIMER, le pôle des produits aquatiques, le projet VEGE-AQUA s’est penché sur l’alimentation végétale des poissons d’aquaculture. Claire Caralp, chargée de mission à AQUIMER, évoque avec nous les enjeux et résultats de ce projet.
Le laboratoire R&D de Noirot, dont la surface a été triplée pour le projet Alicether.
Un exemple de test génétique réalisé dans le cadre du projet VEGE-AQUA.

Même les poissons peuvent devenir végétariens ?

Claire Caralp : Dans un contexte de stagnation des productions de farines et d’huiles de poisson, dont l’aquaculture est fortement dépendante, le projet VEGE-AQUA, bénéficiant d’un financement du Fonds Unique Interministériel (FUI), voulait déterminer comment les poissons peuvent s’adapter à une nourriture majoritairement végétale, et a sélectionné les lignées de poissons les mieux adaptées à cet effet. C’est dans cette voie que se sont associés les 7 partenaires du projet : 4 sélectionneurs piscicoles (dont l’Ecloserie Marine de Gravelines), l’Institut Français de Recherche pour l’Exploitation de la MER (IFREMER), l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) et le Syndicat des Sélectionneurs Avicoles et Aquacoles Français (SYSAAF).

Quel est l’enjeu pour les professionnels du secteur ?

C.C: VEGE-AQUA a permis de déterminer la capacité de quatre espèces majeures pour les aquaculteurs (le bar, la daurade et le maigre pour l’eau de mer et la truite pour l’eau douce) à adopter une nourriture végétale. Et de définir des méthodes de sélection génétique et d’alimentation toujours aussi performantes, voire davantage (en termes de rapidité de la sélection, de croissance des animaux, de rendement des exploitations, etc.). Et ce malgré le bouleversement alimentaire du passage au végétal. Les travaux de VEGE-AQUA sont d’ailleurs poursuivis dans le cadre d’un projet de l’Agence nationale de la recherche (ANR), AGREENFISH, également labellisé par AQUIMER.

Et les consommateurs dans tout ça ?

C.C : Les qualités nutritionnelles et gustatives des poissons nourris au végétal ont également fait l’objet d’études et de mesure, afin de vérifier l’équivalence par rapport aux poissons élevés aux farines et huiles de poisson (teneurs en oméga 3 et 6 notamment). Bon pour l’environnement, un poisson nourri au végétal l’est donc également pour le consommateur !

Contact : claire.caralp@poleaquimer.com