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Une nouvelle ere pour les biocarburants

Le projet BioTfueL, porté par un consortium de leaders européens du secteur de l’énergie doit permettre l’avènement d’un procédé de production de biocarburants de 2ème génération, flexible en termes de ressources.
biotfuel le nouveau carburant
Unité de démonstration de gazéification de biomasse en construction, Projet BioTfueL - site de Dunkerque

En 2009, Avril (ex-Sofiprotéol), Total, IFP Energies nouvelles, ThyssenKrupp Industrial Solutions, Axens et le CEA décident de s’allier dans un projet innovant : développer un procédé de production de biocarburants de 2ème génération par voie thermochimique. Concrètement il s‘agit de transformer des ressources non-alimentaires (résidu forestier, de culture agricole ou cultures dédiées) en biodiesel et biokérosène. « Chacun avait travaillé sur ce sujet en laboratoire et tous considéraient qu’il était assez mûr pour faire un pas de plus. Mais, avant de passer à l’étape industrielle, nous avons estimé qu’une phase intermédiaire était nécessaire », explique Jean-Christophe Viguié, Directeur général de Bionext, la société créée par toutes les parties prenantes pour coordonner le projet. Avril, catalyseur du projet et très implanté au sein des Hauts-de-France, décide alors de coordonner une demande d’accompagnement auprès de la Région, qui accepte. Parallèlement, le consortium sollicite un appui de l’ADEME qui s’investit également dans ce projet, estimé à environ 178 millions d’euros.

Deux unités de démonstration

Deux unités de démonstration sont imaginées, une première dédiée à la torréfaction de la biomasse sur le site d’Avril à Venette (Oise) et une seconde pour la gazéification à proximité de l’Etablissement des Flandres du groupe Total près de Dunkerque. L’idée est de préparer la biomasse près des lieux de production pour la transporter densifiée sur le site de synthèse des carburants. Les travaux de construction lancés en 2015 devraient prendre fin en 2017, les essais seront réalisés de 2017 à 2019. « Pour préparer un déploiement commercial nous nous heurtons à une instabilité règlementaire considérable ce qui est un frein, puisque les industriels ont besoin de visibilité pour investir sur les carburants de demain » note Jean-Christophe Viguié. De plus, ces technologies sont compliquées et nécessitent à l’échelle industrielle d’importantes quantités de biomasse ; l’organisation de l’approvisionnement et son coût sont une difficulté. « La présence de Total, qui sait gérer des projets très complexes, et celle d’Avril qui a démontré sa capacité à organiser les acteurs de la ressource agricole et forestière sont essentielles pour le succès de ce projet », assure Jean-Christophe Viguié.

Contact : evelyne.quellier@ifpen.fr