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Nos navets ont du talent

Seules trois entreprises au monde travaillent sur la production, à partir de végétaux, de protéines humaines pour le traitement de patients atteints de maladies rares : les maladies lysosomales. La France tire son épingle du jeu grâce à Root Lines Technology, une entreprise basée à Amiens.
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A partir de chevelu racinaire, Root Lines Technology fabrique des protéines humaines pour de futurs traitements médicaux.

Produire des protéines humaines à partir de racines de navet… On pourrait croire à de la science-fiction, mais il s’agit bien d’une technologie développée par Root Lines Technology, fondée par la chercheuse Michèle Boitel, du laboratoire Biologie des Plantes et Innovation (BIOPI) de l’université Picardie Jules Verne, en 2011.

Cette technologie innovante vise le traitement des maladies lysosomales. « Ce sont des maladies dues à une protéine qui ne fonctionne pas, 53 ont été répertoriées. Leur traitement consiste à injecter cette protéine dans le corps humain. », explique Marina Guillet, directrice générale de l’entreprise. S’il existe déjà des technologies de production de protéines humaines qui ont fait leurs preuves comme l’utilisation de bactéries ou celle de cellules CHO, issues de lignées de mammifères, la force de la technologie de Root Lines Technology réside dans l’utilisation de racines particulières issues de plantules de navets pour produire les protéines humaines. « C’est un système moins coûteux et plus sûr », résume Marina Guillet.

« La machinerie de la plante est notre outil de production »

« Nous voulions travailler à partir d’un végétal comestible, donc non-toxique. Nous avons réussi à produire des protéines humaines à partir du chevelu racinaire du navet, qui sont des petites racines particulières. Notre technologie consiste à insérer des gènes humains dans des bactéries. Quand ces bactéries vont infecter les plantes, elles vont en même temps intégrer ces gènes dans le génome des plantes. La plante va considérer le gène humain comme son propre gène et produire des protéines humaines qui seront sécrétées dans le milieu de culture, pour être ensuite récupérées. La machinerie de la plante est donc notre outil de production », explique Marina Guillet. Après une levée de fonds de 2 millions d’euros et un soutien important du Conseil régional Hauts-de-France et de Bpifrance, Root Lines Technology envisage dorénavant des partenariats avec l’industrie pharmaceutique.

Contact :Marina Guillet, 03.22.09.28.30
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