Tropical Wars, le succès d’une entreprise « libérée »

Le mercredi 27 Avril 2016
Tropical Wars, le succès d’une entreprise « libérée »

Si vous deviez vous présenter en quelques mots…

Yoann Sarels, j’ai suivi une formation d’ingénieur à Télécom Lille, puis j’ai travaillé 3 ans dans une société informatique. J’ai ensuite eu envie d’entreprendre de mon côté. J’ai donc créé VERTICAL.

Alors qu’est-ce que VERTICAL ?

J’ai créé VERTICAL en 2012 et une dizaine de personnes y travaillent maintenant. Jusqu’ici, nous développions une partie de nos jeux à destination des professionnels et une autre partie en interne à destination du grand public. Puis nous avons décidé de séparer ces 2 activités avec la création de Vertige pour la partie « développement de nos propres jeux ».

Justement, qu’est-ce que Vertige ? Pouvez-vous me parler de son concept pour le moins innovant en termes de valeurs, organisation, management, etc. ?

Vertige est ce que l’on appelle une « entreprise libérée ». Je m’étais beaucoup intéressé à ce concept et aux organisations qui se développaient autour de ça puis j’ai eu envie de faire la même chose pour donner plus de sens à mon projet entrepreneurial et cette organisation m'a paru une évidence. C’était une envie partagée avec mes associés. Nous avons donc lancé Vertige en tant qu’ « entreprise libérée » le 1er  octobre 2015. Ce concept est une innovation managériale qui donne beaucoup de possibilités à tous les employés, l’entreprise est comme « managée » par l’ensemble des équipes.

Il s'agit d'une organisation basée sur quelques concepts : suppression de toute hiérarchie, grande liberté pour nos salariés, absence de contrôle, une suppression de beaucoup de contraintes, une autogestion du groupe dans la gestion des salaires, du temps de travail, des congés, des projets. Les employés doivent être intègres et eux-mêmes au travail sans avoir l’impression d’être jugés. Pour que cela fonctionne, il faut une grande transparence en interne à tout les niveaux, pour instaurer la confiance et garantir l’honnêteté de tous. Nous avons aussi quelques règles et limites au niveau organisationnel bien sûr. Notre équipe partage également des valeurs et une vision communes.

Il n’y a pas vraiment de poste au sein de l’organisation, chacun a simplement un domaine d’expertise. Personne n’est forcé de faire quelque chose, les employés savent naturellement ce qu’ils ont à faire.

C'est une organisation qui favorise l'engagement des collaborateurs, l'innovation au sein des équipes et la performance globale de l'entreprise.

Pouvez-vous me parler de votre nouveau jeu Tropical Wars ?

Tropical Wars est notre premier projet. Nous avons lancé le jeu le 21 avril dernier et nous avons été mis en avant par Apple dans la rubrique "best new games" de l’App Store à l’international.

Le jeu est monté 5 jours plus tard dans le top 10 de l'App Store, puis dans le top 3 pendant quelques temps.

Quel est le concept ?

C’est un jeu mobile free-to-play disponible sur Google Play Store et App Store. Le joueur doit gérer une île et faire des combats en mer pour la protéger. La particularité est que les pirates contrôlés par le joueur sont des koalas.

Pourquoi avoir développé ce jeu ?

Ça faisait un petit moment qu’on travaillait dessus, déjà avec Vertical à l’époque.

Notre partenaire principal dans ce projet fut Tilting Point, une société américaine basée à New York, qui nous a aidé pour tout ce qui concerne la commercialisation du jeu et sa publication à l’international, le marketing, une partie du développement, la monétisation, les tests, les relations publiques…

Le but est d’avoir à terme une communauté qui se met en route autour du jeu avec des youtubeurs, des critiques presse et autres influenceurs. C’est d’ailleurs plutôt bien parti.

Nous sommes une petite équipe. C’est donc compliqué à gérer au quotidien étant donné que Tropical Wars démarre très fort au niveau international mais c’est aussi une bonne chose bien sur. Et grâce au concept d’ « entreprise libérée » : les équipes s’organisent plus facilement pour répondre aux besoins.

A qui s’adresse ce jeu ?

Notre cible principale est constituée des hommes de 15 à 35 ans je dirais. Mais nous voulons aussi toucher des filles, des personnes âgées, des jeunes et le grand public de manière large.

2% des joueurs dépensent de l’argent dans le jeu. Ça paraît peu comme ça mais ce n’est plutôt pas mal pour un jeu comme Tropical Wars. Un joueur a déjà dépensé plus de 1 400 € en une semaine c’est assez fou. Et l’équivalent de 30 ans a déjà été joué de manière cumulée par tous les utilisateurs en 1 semaine. Ce sont des chiffres assez impressionnants.

Avez-vous été accompagné par certaines structures dans ce projet ?

Oui.

L’incubateur Plaine Images qui nous a fourni le réseau dont nous avions besoin et qui a permis le développement de VERTICAL puis de Vertige.

Le réseau Nord Entreprendre qui nous a accompagné sur certains aspects.

De plus, mon associé est président de l’association Game In, on est donc bien investis dedans. Grâce à cela, nous sommes aussi membre du bureau du Syndicat National du Jeu Vidéo.

Je pense que c’est très important de se faire accompagner par ce type de structures quand on est jeune et qu’on débute, on a beaucoup à apprendre et progressivement, on peut aussi en faire profiter les autres, c’est du donnant-donnant.

Un dernier mot ?

Téléchargez Tropical Wars ! C’est notre bébé, nous avons à cœur que le jeu plaise au grand public.

Et puis la meilleure façon de comprendre ce concept d’ « entreprise libérée » est de voir ce qu’on peut en faire en termes de résultats.

Retrouvez Vertige sur leur site internet  et Yoann Sarels dans une autre interview accordée à Je Crée  et centrée sur la création de VERTICAL.