Owl Vision ou comment innover grâce à la réalité virtuelle

Le lundi 22 Août 2016
Owl Vision ou comment innover grâce à la réalité virtuelle

Si vous deviez vous présenter en quelques mots…

Je m’appelle Quentin Warnant, je finis mon Master IVI (Image, Vision, Interaction) à l’Université Lille 1. C’est une formation qui concerne tout ce qui est réalité virtuelle, réalité augmentée, systèmes de vision...

J’ai eu l’idée de créer un projet entrepreneurial il y a deux ans, quand Google a sorti Cardboard. C’est là que j’ai commencé à avoir des idées. Je suis passionné par la réalité virtuelle et augmentée.  Je viens de Belgique et je suis venu en France parce que le Master que je recherchais n’était pas disponible en Belgique, puis j’ai décidé de rester à Lille.

Pouvez-vous me parler d’Owl Vision ? Pourquoi avoir créé cette start-up ?

En fait dans Owl Vision, il y a plusieurs branches.

La première branche est une branche assez classique de prestations. Le client vient à notre rencontre parce qu’il connaît vaguement la technologie de la réalité virtuelle, il connaît les casques mais il les connaît peu et il voudrait les utiliser dans son business. Comme il ne sait pas comment et jusqu’où la technologie peut aller. C’est à ce moment-là qu’Owl Vision intervient pour proposer des solutions adaptées à partir d’un brainstorming réalisé avec le client.

La deuxième branche, c’est Owl Circle. C’est le projet pour lequel nous sommes actuellement en incubation à la Plaine Images. Le principe est de fournir des simulations immersives pour faire du vélo d’appartement. C’est la première étape. Après ce sera le vélo elliptique, et puis le rameur.

Et enfin, il y a une dernière branche. On en parle peu pour le moment. Ce sont les jeux. On est en train de développer un jeu à Game Play asymétrique : il y a une personne avec un casque et une personne sans casque qui doivent interagir pour pouvoir jouer. L’un voit des choses que l’autre ne voit pas et inversement. C’est un jeu qu’on est en train de développer progressivement.

J’ai voulu créer un projet autour de la réalité virtuelle parce que, comme je le disais, quand Google a sorti le Cardboard, j’ai créé une petite application. Et je l’ai publiée à un moment où il n’y avait peut-être qu’une dizaine d’applications Cardboard sur le marché, il n’y avait encore rien du tout. C’est une première étape qui m’a permis d’avoir de nombreuses connexions avec beaucoup de personnes. Il y a eu une énorme effervescence avec cette application et quand j’ai été la présenter à l’Université Lille 1, au HubHouse, ils ont adoré. J’ai donc décidé de me lancer comme cela, de fil en aiguille.

A qui s’adresse Owl Circle ?

Nous avons eu deux possibilités. Soit on ciblait le marché B to C et donc les sportifs, qu’ils soient amateurs ou de haut niveau, pour rendre leur entraînement plus agréable. Soit on s’adressait aux salles de sport et au marché du divertissement, avec les parcs à thèmes par exemple en créant des simulations moins réalistes, mais plus ludiques comme par exemple un jeu du type « Mario Kart » où il aurait fallu pédaler pour avancer.

Pour l’instant, nous avons opté pour la deuxième solution.

Quelles sont les différences entre réalité virtuelle, mixte et augmentée ?

La réalité virtuelle, c’est simple : l’utilisateur est immergé dans un casque via une application ou un jeu et il ne voit plus rien du réel. Il est complétement immergé dans le virtuel.

La réalité augmentée, c’est différent parce qu’on filme le flux réel sur lequel on va ajouter des informations supplémentaires, que ce soit des modèles 3D ou des informations GPS par exemple. Les Google Glass en étaient un bon exemple. L’utilisateur voyait le guidage GPS dans le coin de son œil.

Maintenant, la réalité mixte arrive et avec elle, la technologie atteint un taux de perfectionnement où l’utilisateur, via un casque ou des lunettes, ne sait plus distinguer le réel du virtuel. C’est un mélange entre réalité virtuelle et augmentée.

En quoi peut-on dire qu’Owl Vision innove ?

En soi, on travaille sur une technologie qui est déjà innovante. C’est un premier point.

Le deuxième point, c’est Owl Circle. C’est notre principale innovation puisqu’on utilise la réalité virtuelle pour faire du sport. De plus, on utilise les capteurs connectés qui sont censés être sur un vrai vélo pour sortir dehors. Nous les mettons sur un vélo d’appartement pour réutiliser les données et fournir une nouvelle expérience à l’utilisateur.

Bénéficiez-vous ou avez-vous bénéficié d’un accompagnement ou d’aides dans votre projet ? Si oui, par quelles structures en particulier ?

Oui, plusieurs structures m’ont accompagné.

La toute première qui a lancé le projet, c’est le HubHouse de Lille 1 comme je le disais, qui m’a accompagné pendant longtemps.

La deuxième, c’est la Plaine Images qui, même avant que je sois incubé, m’a quand même fourni l’opportunité de venir ici et d’avoir des bureaux dans l’espace incubation. Etre dans cet écosystème fournit énormément d’opportunités car quand il y a telle ou telle personne qui vient, on est toujours mis au courant. Du coup, on est amené à avoir des rendez-vous avec des grands groupes. Il y a par exemple Thales que j’ai pu rencontrer. Etre ici permet de se créer des opportunités.

Quelles sont les perspectives d’avenir qui s’offrent à vous ?

Il y en a plusieurs :

Nous comptons continuer sur l’aspect « prestations » et se développer là-dessus.

Du côté d’Owl Circle, il faut que nous lancions le produit. Pour les vélos d’appartements, puis pour des rameurs et ainsi de suite.

Et pour l’aspect « jeux », nous voulons sortir à terme les jeux qu’on est en train de développer.

Et quand est-ce qu’Owl Circle pourra être disponible sur le marché ?

Owl Circle, je ne sais pas encore. Ça va beaucoup dépendre du retour que l’on va avoir des salles de sport en septembre prochain. Si le concept plaît, on essayera de sortir l’application le plus rapidement possible. Maintenant, s’il y a beaucoup de retours avec des points négatifs, peut-être que le temps de développement avant la sortie officielle sera un peu plus long.

C’est la même chose pour les jeux. Ils sont en cours de développement. On a des scénaristes dans l’équipe, il faut leur laisser le temps pour peaufiner le Game Play.

Un dernier mot ? Un conseil pour ceux qui hésitent à se lancer dans l’innovation ?

Il ne faut pas hésiter ! Personnellement j’ai trop longtemps hésité. Ça faisait déjà longtemps que je voulais développer un projet autour de la réalité virtuelle. Des idées, j’en ai eu plein. Ce qui m’a lancé, c’est quand le créateur de Radio King qui est ici, à la Plaine Images et qui est issu du même Master que moi, est venu témoigner lors d’un cours que j’avais en Master 1. Il m’a raconté son parcours qui était plus ou moins le même que le mien. C’est quelqu’un qui a aussi hésité pendant longtemps.

C’est à la suite de cette rencontre que je me suis dit qu’il fallait que je me lance. Et je constate aujourd’hui que je n’ai pas eu tort. Quand on investit tellement dans un projet, il y a un moment où ça finit par payer.

Retrouvez Owl Vision sur leur site Internet .