JEF, le label des Jeunes Entrepreneurs en France

Le lundi 19 Septembre 2016
JEF, le label des Jeunes Entrepreneurs en France

Si vous deviez vous présenter en quelques mots…

Je m’appelle Charles, j’ai fait un stage en création d’entreprise à la suite de mon Master en entrepreneuriat. C’est au cours de cette création d’entreprise que j’ai rencontré les autres cofondateurs de JEF et c’est au sein de cet incubateur à l’EDHEC qu’est né ce projet. Aujourd’hui on est deux cofondateurs avec Nicolas Jeanne. Les trois autres ont suivi d’autres chemins chacun de leur côté.

Pouvez-vous me parler de JEF ?

On est parti du constat qu’en tant qu’entrepreneurs, on manquait de visibilité auprès des consommateurs mais également auprès de potentiels partenaires et d’autres entrepreneurs. Pourtant, on avait des messages forts à faire passer comme le fait qu’on soit jeune et qu’on ose entreprendre en France. On avait besoin de cette visibilité. On s’est donc dit que la meilleure solution était de créer un label pour matérialiser cela. Nous avons fait notre lancement en avril 2016.

Aujourd’hui, en termes de services, on propose à nos labellisés une rencontre avec un grand entrepreneur chaque mois. Ces entrepreneurs sont en fait nos ambassadeurs. On a par exemple Manuel Diaz, le président d’EMAKINA France une grosse agence de communication européenne, Denys Chalumeau, le fondateur de seloger.com, Frédérique Jeske, Directrice Générale de Réseau Entreprendre… On a beaucoup de figures de l’entrepreneuriat qui prennent le temps, une heure par mois, de venir rencontrer des entrepreneurs et échanger sur des retours d’expérience concrets.

A terme, notre mot d’ordre est d’être connecté : connecter les entrepreneurs entre eux, les connecter avec de potentiels partenaires et les connecter avec leur clientèle. Ça prend forme doucement mais ce qui est intéressant, c’est que l’offre va évoluer au fur et à mesure que les entrepreneurs vont nous exprimer leurs besoins. C’est ça qui est important, il faut vraiment cultiver ce rapport et cette proximité avec les entrepreneurs qui sont labellisés pour que ce soit eux qui orientent l’offre que nous mettons en place.

Combien d’entreprises sont labellisées à ce jour ? Avez-vous des exemples ?

On est à un peu plus d’une cinquantaine d’entreprises labellisées. Pour le moment, on est vraiment focalisé sur les Hauts-de-France.

J’ai quelques exemples oui : à Roubaix, il y a DAGOMA , créateur d’imprimantes 3D, on a Dividom  à Euratechnologies, et on a des entreprises plus discrètes mais avec un fort potentiel comme La VitroCyclette . Ils se déplacent en vélo et ils lavent les carreaux pour les entreprises. C’est 100% écologique. On a plein de projets différents. Ça fait un large panel d’entrepreneurs.

Pouvez-vous me parler de l’opération « Un colis pour Xavier » ?

On a reçu des stagiaires cet été. Ils ont proposé que l’on fasse une vidéo pour décrocher un nouvel ambassadeur. On a tout de suite pensé à Xavier Niel parce que c’est un peu le pape de l’entrepreneuriat en France. On a mis 2 semaines à monter la vidéo, ça a été assez intense mais une fois qu’elle a été mise en ligne : 60 000 vues et des centaines de personnes qui ont réagi à notre proposition de transporter un colis de l’incubateur de l’EDHEC ici à Roubaix jusque sur le bureau de Xavier Niel,  dans les locaux de Free.

Il y a donc eu 26 étapes et 50 personnes qui se sont relayées pour apporter, petits kilomètres par petits kilomètres, le colis à Xavier Niel. Il a alors accueilli l’initiative très favorablement. Il a trouvé ça super original, ça lui a beaucoup plu et on l’a rencontré hier (le 23 août) pour échanger avec lui. Pour l’instant, rien n’est fait. On est encore en négociations. Ce n’est pas n’importe qui donc ça prend du temps. Mais c’était un premier contact très intéressant. On lui a présenté en détails ce que l’on faisait et on a pu avoir son retour, il nous a livré des conseils, ce qui a beaucoup de valeur pour nous. On a aussi parlé longuement d’entrepreneuriat : chez les jeunes, en France… Et on a discuté d’autres problématiques qui nous touchent et qui le concernent lui aussi puisqu’il est impliqué dedans avec STATION F ou avec 42. En bref, c’était une rencontre pour commencer à se découvrir dans le but de peut-être travailler ensemble à l’avenir. On a déjà eu de la chance d’avoir ce rendez-vous.

Notre initiative s’est avérée être une belle aventure. On a dû faire une dizaine d’étapes dans le nord et plus d’une quinzaine dans Paris. On a pu voir Michel et Augustin, on est allé à TheFamily, on a rencontré Trusk, on est allé à BPI France, on est allé chez Google… Le colis a vraiment fait le tour de Paris et est passé dans plein de start-ups qui, au fur et à mesure de la campagne, se manifestaient de plus en plus pour participer. Ce fut une bonne façon de découvrir l’écosystème entrepreneurial à Paris. C’était super intéressant.

Bénéficiez-vous ou avez-vous bénéficié d’un accompagnement ou d’aides dans votre projet ?

Oui, ça fait un an et demi que l’on est accompagné au sein de l’EDHEC par l’incubateur EYE, en la personne de Jean-Michel Ledru qui gère l’incubateur et le Master entrepreneurship  de l’EDHEC.

Comment voyez-vous l’avenir de JEF ?

Pour l’instant, on est focalisé sur les Hauts-de-France. L’objectif est de satisfaire pleinement notre première base d’entrepreneurs.

Pour les prochaines années, l’objectif est que d’ici fin 2017 on ait réussi à faire un lancement national et que l’on commence à mettre en réseau les entrepreneurs de la France entière. L’idée est de réussir à dupliquer le modèle que l’on est en train de développer dans le nord, et à transmettre cette même énergie et mettre en place ces mêmes échanges au niveau national, l’objectif étant d’être une référence partout en France. L’idée est que n’importe quel consommateur ou presque sache se dire que lorsqu’il consomme un produit qui est estampillé JEF, il soutient une entreprise qui se lance, il soutient la création d’emploi, il soutient un jeune qui travaille dur pour son projet, etc. L’idée est vraiment de faire le lien logique entre entrepreneurs et consommateurs.

Un conseil pour ceux qui hésitent à se lancer ?

Voilà une question difficile… Ici on apprend tous les jours, on prend des claques. Plus on avance, plus on apprend à voir les choses autrement. Le vrai conseil, c’est de ne pas se décourager. Il y a des hauts et il y a des bas. Ce ne sont pas les bas mais les hauts qui doivent conditionner notre situation. C’est vraiment ça qu’il faut garder en tête.

Un dernier mot ?

On est toujours preneurs de bonnes idées et de bonnes initiatives. Il ne faut pas hésiter à nous contacter. Les gens peuvent en parler à leurs amis et faire circuler l’information. Aujourd’hui, on a vraiment besoin d’être vus et il faut aussi que les consommateurs jouent le jeu, invitent leurs amis à visiter notre site, etc.

Retrouvez JEF label sur leur site Internet