Vérifier la faisabilité

La faisabilité, de manière générale, facilite le travail de rédaction du  cahier des charges du projet de développement. Elle connecte l’idée à  la réalité. Comme son nom l’indique, elle vérifie si l’idée est  exploitable et réalisable.

Quelques questions à se poser pour s'aider à déterminer la faisabilité d'un projet innovant :

  • Comment mon produit répondra-t-il aux besoins et préférences des clients ?
  • Comment vais-je me procurer les ressources dont j’ai besoin pour développer ce produit ?
  • Est-ce que j’ai une vision précise du produit final ?
  • Comment décider combien d’argent et de temps je devrais consacrer au développement de mon produit ?
  • Est-ce que j’ai mis au point une stratégie de développement du produit ?
  • Comment vais-je répartir mes ressources entre les diverses étapes de mon projet de développement ?
  • De quelle manière vais-je utiliser la rétroaction des clients pour développer mon produit ?
  • Qui porte la responsabilité finale pour la gestion du projet ?
  • Quand mon prototype sera-t-il prêt ?

Après avoir retenu une idée, place à son étude et à la préparation de toutes les décisions à prendre, et en particulier celle de lancer ou d'abandonner le projet. Un projet d'innovation comporte toujours de nombreuses incertitudes, portant sur les aspects techniques ou commerciaux. Puisque c'est innovant, cela n'a justement jamais été fait ! Ne pensez pas pour autant qu'il est impossible ou inutile de faire des prévisions et que vous devez partir à l'aventure. Au contraire, il faut soigneusement étudier tous les aspects du projet, en vérifier la cohérence, puis évaluer la rentabilité et les risques du projet .

L'étude de faisabilité débute par trois approches :

1/ analyse technique

Rendre un service ou fabriquer un produit nécessite la mise en œuvre de moyens techniques : machines, logiciels, matières premières, composants, heures de travail. Le plan d'affaires doit décrire et chiffrer tout cela. Si l'innovation est fondée sur la technologie, elle nécessitera une mise au point importante. Il faudra d'abord démontrer la faisabilité technique, en général par la construction d'un prototype, puis s'attacher aux conditions de fabrication à l’échelle industrielle.

2/ étude de marché (demande et concurrence)

Une étude de marché permet de déterminer la nature de la clientèle, c'est-à-dire d'en définir les différents segments, le volume total des ventes dans chaque segment en fonction d'un niveau de prix ainsi que les spécificités de la demande. Le but n’est pas seulement de définir un chiffre d'affaires prévisionnel. Il est aussi de préciser les caractéristiques du produit ou du service à mettre sur le marché.
Le marché sera à partager avec la concurrence. La rigueur et la prudence commandent donc d'effectuer une comparaison complète du produit innovant avec l'ensemble des produits concurrents ou substituables.

3/ étude de la commercialisation

L'existence d'un marché pour un produit compétitif ne suffit pas à garantir le succès : encore faut-il atteindre ce marché. L'étude du projet doit porter sur les moyens à mettre en place pour distribuer le nouveau produit ou le nouveau service. Le choix des réseaux de commercialisation va dépendre de la nature du produit, de l'image que l'on souhaite lui donner et des coûts associés à chaque réseau. Bien cerner les contraintes liées à chaque mode de distribution est indispensable : la nature du produit, les quantités à fournir, les délais à respecter, etc. Une évaluation précise des investissements commerciaux nécessaires doit être faite, complétée par une estimation des coûts de fonctionnement du réseau commercial.

Ces trois approches ne doivent pas être conduites de façon indépendante ; il faut s'assurer de la cohérence des hypothèses utilisées. Les résultats obtenus permettent d'établir des comptes prévisionnels et sont utilisés dans l'analyse de risques. L'étude de faisabilité aborde en plus les questions liées à l'évolution de l'organisation de l'entreprise, (l’impact du lancement du projet) les questions liées à la propriété industrielle et les autres questions juridiques.

Le plan d'affaires

L'étude de faisabilité se conclut par la rédaction d'un plan d'affaires  :

Le plan d’affaires doit être rédigé par écrit. C'est la seule façon de s’assurer de la cohérence d'ensemble du projet et de son articulation avec les autres activités de l'entreprise. Sa rédaction est donc la dernière phase de préparation de la décision. Mais le plan d'affaires est aussi un document de communication : il sera être remis aux partenaires financiers de l'entreprise. Il sert à démontrer, avec la plus grande rigueur possible et le moins d'incertitudes possible, que le projet est cohérent, réalisable, rentable . Le plan d'affaires complet d'un projet innovant comporte trois grandes parties :

  • une description sommaire du projet et de l'entreprise qui l'entreprend,
  • une présentation des conditions technico-économiques du projet (technologie, marché, concurrence, commercialisation),
  • une synthèse sous forme de comptes prévisionnels et une présentation des conditions de financement du projet.

source : Aditec Pas-de-Calais - CEEI